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Importance de la caractéristique mécanique d'un moteurs à courant continu

Définition

On appelle caractéristique mécanique d’une machine la courbe qui exprime le moment du
couple sur l’arbre en fonction de la vitesse.

Cette caractéristique est particulièrement importante car, comme elle ne fait intervenir que des
grandeurs mécaniques (le couple et la vitesse), elle est commune à toutes les machines, que ce
soit des moteurs ou des appareils entraînés. Dans le premier cas, il s’agit du couple moteur Tm
en fonction de la vitesse, soit Tm= f(n). Dans le deuxième cas, c’est le couple résistant Tren
fonction de la vitesse, soit Tr= f(n). En effet, quand on veut étudier les propriétés d’un moteur
électrique, on ne peut pas faire abstraction de la machine qu’il aura à entraîner.

Mesure des couples

•  Il est toujours possible de mesurer directement le couple d’un moteur. A cet effet on peut
utiliser un frein mécaniqueou électrique. Cependant, la mesure directe d’un couple est une
opération compliquée qui nécessite des machines bien adaptées l’une à l’autre avec un
important dispositif mécanique. C’est pourquoi, dans la pratique, on préfère calculer le
couple en fonction de grandeurs faciles à mesurer: tension, intensité, vitesse.

•  Il est également important de pouvoir déterminer la caractéristique mécanique Tr= f(n)
d’une machine destinée à être entraînée: ventilateur, monte-charge, etc. Dans ce cas on
utilise habituellement la méthode du moteur taré. A cet effet, on entraîne la machine par un
moteur électrique dont on a, au préalable, déterminé le rendement en fonction de sa charge,
soit: η= f(I).Ainsi, connaissant la tension d’alimentation de ce moteur, puis son débit que
l’on mesure, il est facile de calculer la puissance absorbée par le moteur taré (Pa= U I),
puis la puissance mécanique que ce moteur taré délivre à la machine entraînée, soit: Pm=
η.Pa. On mesure la vitesse de rotation du groupeavec un tachymètre et on déduit le couple
résistant, soit:

          Tr= Pm/ 2πn = ηUI / 2πn 

Fonctionnement d’un ensemble moteur - machine entraînée

•  Point de fonctionnement

On détermine le point de fonctionnement Mdu groupe en représentant sur un même
diagramme les caractéristiques mécaniques du moteur et de la machine qu’il entraîne. Au
point d’intersection de ces deux caractéristiques, on a:

         Tm= Tr

A ce point correspondent habituellement le couple nominal (Tn) et la vitesse nominale (nn) du
groupe. Ces grandeurs nominales d’un moteur électrique (tension, puissance, vitesse) sont
inscrites sur la plaque signalétique, l’intensité nominale correspondant à l’intensité la plus
élevée que peut supporter ce moteur en régime permanent sans échauffement excessif.

•  Stabilité

Il est intéressant de rechercher à quelle condition le fonctionnement de cet ensemble est
stable. A cet effet, supposons que pour une causeextérieure ce groupe ralentisse, il y a deux
possibilités:

- Dans le premier cas, le ralentissement du groupe correspond à une augmentation du
couple moteur qui devient supérieur au couple résistant (a). Dans ces conditions, à
la première cause de nature externe s’oppose une cause interne qui tend à ramener
le groupe à sa vitesse initiale.

- Dans le deuxième cas (b), le ralentissement du groupe provoque une augmentation
du couple résistant par rapport au couple moteur, ce qui a pour effet d’accroître le
déséquilibre et d’entraîner ainsi l’arrêt du groupe.

Le même raisonnement peut s’appliquer à une cause extérieure qui tend à augmenter la
vitesse du groupe. Dans le premier cas, la réaction interne tend à rétablir la vitesse initiale
alors que, dans le deuxième cas, elle tend à accentuer l’écart, ce qui a pour effet de provoquer
l’emballement du groupe.

On peut traduire mathématiquement la condition de stabilité en écrivant que la pente de la
caractéristique Tm- Trdoit être négative, soit:

          ∆(Tm- Tr) / ∆N < 0 


a)                                             b)                                               c) 

Fig. 1

 Ce résultat s’applique à un moteur quelconque (continu ou alternatif). En effet, si l’on
considère l’ensemble formé par un moteur asynchrone et la machine à couple constant qu’il
entraîne (c), on constate qu’il y a deux points de fonctionnement possibles Met M’. De ces
deux points, seul Mest stable; c’est ainsi que l’on peut représenter en trait plein le domaine
stable de la caractéristique.

•  Démarrage de l’ensemble moteur – machine entraînée

La connaissance des caractéristiques mécaniques du moteur et de la machine entraînée est
nécessaire pour la détermination du temps du démarrage de cet ensemble. En effet, on a:

         Tm- Tr= K dΩ/dt

où K désigne le moment d’inertie de la partie tournante.

Dans la pratique on utilise une méthode graphique en créant des intervalles pour lesquels on
peut déterminer une valeur moyenne. Pour chacun de ces intervalles on a:

         t1- t0= [2πK/(Tm- Tr)](n1- n0)

La connaissance du temps du démarrage d’un groupe est important car, si ce temps est trop
long, il peut en résulter un échauffement  excessif du moteur qui peut provoquer sa
destruction. Pour éviter cet inconvénient, on doit utiliser un moteur de plus fortes dimensions.

•  Caractéristiques mécaniques des machines entraînées

La caractéristique mécanique d’une machine entraînée est en général complexe. Toutefois
celle-ci peut avoir une expression mathématique simple pour certaines applications.




Fig. 2

 a) Couple inversement proportionnel à la vitesse(fig.2a) - Cet entraînement Tr = K/nse  rencontre quand on déroule un produit (tôle, papier, fil, etc.) d’un premier tambour afin de l’enrouler sur un deuxième tambour. L’analyse des conditions démontre que cet entraînement fonctionne à puissance constante.

b) Couple constant(fig.2b) - Ce couple est indépendant de la vitesse, aussi la puissance reçue est-elle proportionnelle à la vitesse. Ce fonctionnement estapplicable à la plupart des engins de levage.

c) Couple proportionnel à la vitesse(fig.2c) - Ce type d’entraînement est peu fréquent; il concerne des machines qui tournent lentement, avec des tambours degrandes dimensions (machines à polir, à rendre les tissus brillants, etc.), lefrottement étant proportionnel à la vitesse.

d) Couple proportionnel au carré de la vitesse(fig.2d) - Cet entraînement estfréquent, car il concerne les machines qui tournent vite (ventilateurs, soufflantes, etc.), le frottement étant alors proportionnel au carré de la vitesse; pour cette raison on l’appelle couple ventilateur.



Réversibilité d'un moteurs à courant continu


La machine à courant continu est accouplée à un dispositif mécanique qui exerce sur son arbre
un couple résistant Tr.

Un générateur débite dans le moteur un courant I: les forces de Laplace s’exercent sur les
conducteurs logés dans les encoches. Le rotor tourne à la fréquence n(tr/s) dans le sens de ces
forces qui sont donc des forces motrices: le couple électromagnétique Test moteur.

La rotation du rotor entraîne la création, dansson enroulement, de la f.é.m. induite E; d’après
la loi de Lenz Eest de sens contraire au courant I(on lui donne parfois le nom de “force
contre-électromotrice”, f.c.é.m.).

Si R est la résistance de l’enroulement d’induit, la loi d’Ohm s’écrit:

             U = R I + E 

La puissance électrique U I fournie par le générateur au moteur est la somme de deux termes:

             U I = R I2+ E I    

où:       R I2  -  les pertes par effet Joule dans l’enroulement de l’induit;
             Pe =  E I- la puissance, dite électromagnétique.

Cette puissance peut être exprimée sous forme:

            Pe= E I = (p/a) (NΦn) I

et transformée comme:

            Pe= E I = (1/2π) (p/a) (NΦI) 2πn

soit    Pe= T (2πn)

La puissance électromagnétique, égale au produit du couple électromagnétique Tpar la
vitesse angulaire de rotation 2πn, passe intégralementde la forme électrique E Ià la forme
mécanique T (2πn).

E I       ⇒        moteur       ⇒        T (2πn)

Mais la puissance mécanique T (2πn)n’est pas entièrement disponible sur l’arbre du moteur:

•  des pertes magnétiques P mag(dues à l’hystérésis et aux courants de Foucault) se
produisent dans les tôles du rotor par suitede leur déplacement devant les pôles du
stator;

•  des pertes mécaniques P mécont lieu au niveau des paliers soutenant l’arbre du
moteur.

La puissance utile Pu, c’est-à-dire la puissance dont on dispose sur l’arbre, est la différence

          Pu= Pe- (Pmag+ Pméc)

Il en résulte que le couple utile Tu appliqué par le moteur à la machine qu’il entraîne, est
légèrement inférieur au couple électromagnétique T

          Tu(2πn)= T (2πn)- (Pmag+ Pméc)

          Tu = T - (Pmag+ Pméc) / (2πn)

La différence entre Tet Tuest appelé couple de pertes Tp

           Tu= T - Tp

En conclusion, l’ensemble tourne à la vitesse de rotationntelle que

           Tu= Tr

Le bilan de puissance du moteur à courant continu peut alors être représenté par le tableau
suivant:

           Puissance électrique absorbée U I
                                    ⇓
                                        ⇒  Pertes par effet Joule R I²
                                    ⇓
Puissance électromagnétique E I = T (2πn)
                                   ⇓
Pertes mécaniques  ⇐⇒  Pertes magnétiques
                                    ⇓
            Puissance utile Pu= Tu(2πn)

Il faut remarquer que le couple Tp est généralement très inférieur à T et l’on confond souvent
le couple électromagnétique T = (1/2π) (p/a) NΦI avec le couple utileTu.

Le couple utile Tu. d’un moteur à courant continu est sensiblement proportionnel au courant
de l’induitet au flux de l’inducteur. Ce résultat est très important car il est ainsi possible de
déterminer le couple par des mesures purement électriques.

Si un moteur auxiliaire est accouplé à la machine à courant continu et exerce sur son arbre un
couple moteur Tm : l’ensemble tourne à la fréquence nsi bien qu’une f.é.m. Eest induite dans
le rotor.

Si l’enroulement d’induit est fermé sur un circuit extérieur le courant I circule dans le sens de
E; la tension qui apparaît entre les balais s’écrit:

      U = E - R I

 Si le sens du courant Iest le même que dans le fonctionnementen moteur, le sens de la f.é.m.

E induite dans l’enroulement rotorique est donc renversé. Une partie de la puissance Tm(2πn)
est consommée par suite des pertes mécaniques Pméc et des pertes magnétiquesPmag ; le reste,
c’est-à-dire la puissance électromagnétique Pe

           Pe = Tm (2πn)- (Pmag+ Pméc) = T (2πn)

passe de la forme mécanique T (2πn)à la forme électrique E I

          Pe = T (2πn) = E I

La machine fonctionne en générateur

         T (2πn)      ⇒     générateur      ⇒     E I

Le bilan de puissance établi précédemment est valable pour le fonctionnement en générateur à
condition de le lire de bas en hautet de remplacer Tu par Tm.

Couple électromagnétique d'un moteurs à courant continu

Théoriquement si un courant I passe dans l’induit, chacun des deux faisceaux, parcouru
par un courant et placé dans un champ magnétique, est soumis à une force de La place

        F= (N / 2) I l B. 

Le sens du courant dans chaque faisceau s’inverse lorsque l’encoche franchit le plan neutre,
c’est-à-dire lorsque le sens du champ, en regard de l’encoche, s’inverse: donc, le sens de la
force qui s’exerce sur le faisceau n’est pas modifié. 

Le rotor est soumis à un couple électromagnétique

        T = (N/2 . I l B) . 2r = N l r I B 

Sous l’action des forces F1et F2, c’est-à-dire de T, le rotor tourne à la fréquence n(en tr/s).
Dans une machine à courant continu présentant les caractéristiques suivantes:

nombre de pôles inducteurs         2p
nombre de voies d’enroulement  2a
nombre de conducteurs actifs      N

la valeur du couple électromagnétique Test calculée en utilisant l’expression du travail des
forces électromagnétiques.

Lorsqu’un conducteur actif passe sous un pôle, c’est-à-dire va d’une ligne neutre (où B = 0) à
la ligne neutre suivante, il coupe le flux Φ dû à l’ensemble des lignes de champ intéressant ce
pôle (fig.1).

fig.1

Φ est appelé flux utile par pôle; pour une machine donnée, il ne dépend que du courant dans
l’enroulement inducteur. Le conducteur considéré étant parcouru par le courant I/2ala force
électromagnétique qui s’exerce sur lui accomplit un travail

          (I / 2a) (flux coupé) = (I / 2a) Φ

Lorsque le rotor fait un tour complet, le conducteur passe sous 2ppôles: le travail de la
force est 2pfois plus grand que précédemment

           2p (I / 2a) Φ= (p/a) ΦI 

Le rotor comportant N conducteurs, le travail de l’ensemble des forces électromagnétiques,
pour 1tour, est

            N (p/a) (ΦI) = (p/a) N ΦI 

Or, puisque T (ou C dans certains ouvrages)est le couple dû à toutes ces forces
électromagnétiques, le travail pour 1tour peut s’écrire T (2π);d’où:

           T (2π) = (p/a) N ΦI

           T = (1/2π) (p/a) NΦI 

(Φen Wb; I en A; T en Nm).

moteurs à courant continu


Les moteurs à courant continu sont des appareils qui transforment l’énergie électrique en
énergie mécanique. La construction des moteurs est identique à celle des génératrices, de sorte
qu’une machine à courant continu est réversible, c’est-à-dire peut servir indifféremment
comme moteur ou comme génératrice.

L’usage des moteurs à courant continu est plutôt restreint, car la distribution se fait à courant
alternatif.. Cependant, pour certaines applications il est parfois avantageux d’installer des
convertisseurs transformant le courant alternatifen courant continu et d’utiliser des moteurs à
courant continu. La supériorité de ces moteurs réside dans le fait qu’ils se prêtent facilement à
un contrôle souple, continu et presque instantané de leur vitesse.

Les moteurs à courant continu ont les mêmes modes d’excitation que les génératrices. On
distingue donc:

•  les moteurs à excitation indépendante
•  les moteurs à excitation à dérivation (excitation shunt)
•  les moteurs à excitation série
•  les moteurs à excitation composé

De plus, tout comme pour les génératrices, la réaction d’induit se manifeste dans les moteurs,
produisant une distorsion et un affaiblissement du flux provenant des pôles, à mesure que la
charge augmente. Les problèmes de commutation existent également, c’est pourquoi les
moteurs de puissance supérieure à 1 kW contiennent toujours des pôles de commutation.